Vieux crouton toi-même.
Je suis au
LRA (Laboratoire de Radioastronomie, qui est un laboratoire du LERMA (Laboratoire d'Étude du Rayonnement et de la Matière Astrophysique), qui est un laboratoire de l'Observatoire de Paris et de l'Université Pierre et Marie Curie ; le LRA étant en plus le labo d'astro de l'ENS (et en rajoutant le CNRS on a bouclé la boucle niveau tutelles

)), je fais des simulations numériques de formation stellaire, essentiellement à l'échelle des cœurs denses (qui sont littéralement les progéniteurs d'étoiles, donc je fais plutôt des petites échelles). Fragmentation, turbulence, formation de disque, coquillages et crustacés au programme. «
Effondrement et fragmentation des cœurs denses préstellaires - Formation des systèmes binaires et des disques protoplanétaires » étant l'intitulé exact de mon sujet de thèse.
Et sinon en pratique je travaille avec le code
Ramses (écrit par Romain Teyssier, du CEA, en 2002, pour faire de la cosmo) dans sa version MHD (ça veut dire qu'on a dégagé la partie cosmo, et qu'à la place on (enfin, « on » = Patrick Hennebelle et Sébastien Fromang) a mis des vrais bouts de MHD idéale compressible dedans (miam !). Ceux qui passent régulièrement à la station Luxembourg sont familiers avec Ramses puisque
la simulation d'évolution de l'univers (c'est pas la bonne image, mais l'idée y est) est tiré de ce code (les simu qu'ils ont fait tourné à Mare Nostrum, gros calculateur espagnol). Et Ramses est très bien parce que c'est un code sur grille à maillage adaptatif : au lieu de rafiner (i.e. augmenter la résolution) sur toutes les cellules de la grille au cours des itérations, on ne rafine que les cellules où il se passe des trucs (« il se passe un truc » = un critère de rafinement, par exemple la longueur de Jeans), donc on gagne en puissance de calcul, donc on gagne en résolution, et en ordre de grandeur.
(C'était probablement très utile vu que j'ai déjà dû raconter ça à droite à gauche sur le forum

)